Avez-vous déjà joué à: qui amèneriez-vous avec vous sur une île déserte si vous ne pouviez emmener qu’une seule personne? Au mois d’octobre dernier, sur la magnifique île de Milos, en Grèce, j’ai rencontré le mien. Il s’appel Yorgo. Il doit avoir dans la cinquantaine avancée. Avec son poil de torse blanc et sa grosse moustache on jurerait Poseidon. Ajoutez à ça qu’il a déjà pêché une pieuvre à main nue, chasse et cultive tout ce qu’il mange et fait son huile d’olive et son vin blanc maison et vous comprendrez pourquoi je le veux dans mon équipe. Quoi que pas besoin d’être sur une île déserte pour préférer un mâle alpha de la trempe de Yorgo à un métro sexuel auto bronzé, épilé, incapable de faire son changement d’huile. Amies Brigandes, si vous vous demandez où sont passés les cowboys, les vikings, les chevaliers, les gars capables de changer leurs plaques de freins dans le parking d’un Zellers (true story), ils sont en Grèce. Rassurez-vous mes p’tits Brigands, vous y trouverez aussi les meilleures cuisinières au monde et assez d‘ouzo pour rendre toutes les femmes irrésistibles. OPA!
En début octobre, alors que les derniers touristes quittent les îles grecques, je vous recommande d’aller faire un tour sur l’île de la vénus du même nom. La température de jour oscille entre vingt-cinq et trente degrés, les plages sont à peu près désertes et les femmes, en tous cas moi, à peu près nues. Pour quatre euros on vous sert un demi litre de vin blanc maison bien froid à boire à l’ombre d’un parasol. Les locaux sont passés maîtres dans ce que je ne peux décrire que comme du ping pong de plage. Le jeux provoque une forte dépendance et est très compétitif, même lorsqu’on joue contre une femme enceinte de six mois. Quoi que c’est peut-être juste moi aussi. Dans ma famille on prend tout pour une discipline olympique. J’ai déjà eu envie de lancer un pot de cornichons au bout de mes bras pour qu’il éclate en mille morceau par terre plutôt que de laisser mon petit frère réussir à l’ouvrir après que j’ai échoué. À ne pas manquer: les sources d’eaux chaudes (thermiques) avec une ou quelques bonnes bouteilles au couché du soleil. Débarrassez-vous aussi de votre montre. Les heures sont sonnées et la demi-heure est marquée par un seul son de cloche (c’est toujours un peu fourrant à une heure du matin).
Côté bouffe, tout ce que j’ai mangé en Grèce était délicieux. Je suis d’avis qu’il faut prévoir prendre au moins cinq livres et n’en regretter aucune. Pour nommer que quelques plats m’ayant surprise, parfois même émue: les boules de courgettes frites, n’importe quoi avec du féta, la pieuvre grillée, les calamars frits, les betteraves chaudes, les gyros au poulet, les olives, les câpres, et un mille feuille maison fait par la femme de Yorgo que j’ai mangé au petit déjeuner tellement il était bon.
Il serait peut-être important de mentionner qu’à cette période de l’année la plupart des bars sont fermés pour l’hivers. Ne pensez pas que ça veut dire que vos soirées vont être plus tranquilles. J’ai jamais rencontré autant de personnes âgées sur le party qu’en Grèce. En plus d’être en grosse shape à force de marcher pour aller partout sur des routes dont l’inclinaison découragerait mon petit frère de seize ans, le troisième âge de Milos peut coucher n’importe quel touriste avec des liqueurs locales dont le pourcentage d’alcool pourrait aveugler un jeune âne. En fait c’est un de leur plaisir coupable. Pas aveugler de jeunes ânes mais bien vous saouler et se foutre de votre gueule. Quand vous croisez de ses vieux sages pour la première fois dans la rue saluez-les: Yasou! À la deuxième et troisième occasion ils risquent de vous inviter à s’assoir avec eux. Point important il est impossible de refuser de la nourriture ou de l’alcool en Grèce et les deux vont inévitablement ensemble. Si vous faites l’erreur de manger une pointe de tarte au citron dans un café avant d’aller prendre un verre chez quelqu’un, je connaitrai votre agonie.
Mon seule regret fut de ne pas parler grec et de ne pas pouvoir comprendre toutes les merveilleuses histoires qu’on m’a raconté. La Grèce, c’est le seule endroit où quand je suis partie on m’a donné une clef. Quand on à pas les mots on fait de drôles de simagrées pour se faire comprendre, on rit beaucoup et on donne une clef à quelqu’un qu’on a envie de revoir.
Écrit en escale à Las Vegas, la veille de Noël.



























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