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Une semaine en Colombie sans voir de coke | BRIGANDBRIGAND

Une semaine en Colombie sans voir de coke

Il était une folle

Il est huit heure trente du matin lorsque je pose mes pieds sur ma valise dans la salle d’attente de mon vol pour Bogota, à Toronto. Je venais à peine de m’effondrer dans ma chaise et de fermer les yeux pour maudire le champagne bu la veille quand mon voisin me demande: «Est-ce que je peux prendre une photo de tes bottes?» «Eh, oui.» Du coup je me permet de jetter un coup d’oeil aux siennes et j’ai presqu’envie de prendre mes BCBG Runway Wedge dans mes bras tellement ses Balmain Ranger ont de la gueule. «C’est la première fois que tu vas en Colombie?» «Oui.» C’est avec son sourire que mon voyage commence…

Petits brigands et brigandes (oui c’est un mot inventé bon!) Je m’appel Marie-Claude. J’ai 32 ans. Je suis agent de bord. J’arrive à forcer ma vie dans une valise à roulettes de 23cm par 40cm par 55cm. Demeurer statique trop longtemps me donne le mal de terre. J’ai l’habitude de me perdre, à l’autre bout du monde comme à deux coins de rue de chez moi, et d’avoir une langue étrangère plein la bouche. Si j’ai des racines quelque part, elles se trouvent à Montréal. Même si je passe plus de temps à me rendre partout qu’à y être, je travail en moyenne une douzaine de jours par mois. Le reste de mon temps je le passe à voyager et à multiplier les aventures. Aujourd’hui je m’envol pour la Colombie. J’ai tellement rêvé la Colombie qu’il me semble absurde de ne pas y avoir déjà mis les pieds. Les Colombiens que j’ai eu la chance de rencontrer au fils des années en sont pour beaucoup. D’eux, je garde un instinct de survie sauvage et l’envie de faire la fête comme une enfant terrible. Ce qui suit est un best of de ma semaine passé au pays de Pablo Escobar.

Boo! Gota

On m’a tellement raconté des histoires de peur sur la grosse méchante capitale qu’à mon arrivée j’étais un peu parano. Le fait que les chauffeurs de taxi conduisent comme des braqueurs de banque qui se poussent avec le cash ou que les motos circulent entre les voitures comme si ils participaient à un rallye urbain n’aida en rien. Mais une fois chez un couple d’amis espagnols et après plusieurs gins toniques et quelques tapas, j’étais prête à voir ce que Bogota avait dans le ventre. J’ai marché entourée d’amis et de parfaits étrangers dans des rues éclairées par des lumières de Noël. J’ai mangé de la viande si tendre que j’aurais pu être en Argentine. J’ai trop bu d’agua ardiente, l’alcool local, qui se traduit littéralement comme l’eau qui brûle (‘nough said). J’ai dansé, pieds nus, sur des airs de cumbia, de vallanato  et de reggaeton. J’ai même grillé une cigarette sur le chemin du retour (point important, je ne fume pas) puis j’ai été malade avec flegme, comme seules les femmes savent le faire, en laissant aucune trace de mon trouble et dans le plus grand silence, avant de m’endormir toute habillée sur un divan-lit orange. Jour un.

Cartagena

Le lendemain, après deux Advils et un petit déjeuner au café du coin ou j’ai fait la découverte du jus de mandarine frais, je prenais un vol pour la côte. Il ne faut jamais se montrer vaincu après une brosse dans un nouveau pays. En voyage comme à la guerre, sleep when you’re dead, ou dans l’avion. Jour deux. Cartagena de las Indias. La ville emmuraillée ou réside l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez. Elle ressemble à un croisement entre le vieux Québec et la vielle Havana. Elle est belle. J’ai déjeuné sur ses plages. Du poisson frais et du plantain avec du riz au lait coco. J’ai visité ses îles , sillonné ses rues et je l’ai admiré depuis le balcon de ma chambre d’hôtel et les tours de son château. Le cinquième jour, vous ne me croirez peut-être pas, mais les bottes Balmain Ranger sont venues me rendre visite. L’amie espagnole avec qui je voyageais jusque là voulait faire cinq heures d’autobus et une heure de rando dans la jungle à cheval ou à dos d’âne pour aller dormir dans un hamac à la belle étoile sur une plage perdue dans le parc national de Tyrona. Moi j’avais envie d’une manucure-pédicure et d’un massage. Alors je suis restée. Et les bottes Balmain Ranger m’ont emmené dîner à l’hôtel Santa Clara où semble-t-il Marc Jacob va souvent avec son chum, et où il y a des bronzes de l’artiste colombien Fernando Botero dans le lobby. J’ai mangé du ceviche et encore de la viande. Ce soir là j’ai dansé une heure et demi dans un Zumbathon pour amasser des cadeaux de Noël pour les enfants d’un quartier défavorisé du centre ville. En leggings et en pieds de bas (impossible de danser du Zumba en gougounes ou en bottes BCBG Runway Wedge), entouré d’enfants. J’ai scrapé ma pédicure avec plaisir et au nom de toutes les grandes blondes très blanches qui savent se bouger le cul ou compensent leur manque de rythme par un enthousiasme fou et contagieux. Je me suis félicité en magasinant des boucles d’oreille en perle d’eau douce pour les femmes les plus importantes dans ma vie, dans un marché au beau milieu d’un parc, un peu avant minuit.

En Barranquilla me quedo

Le lendemain matin, jour six, je suivais les bottes Balmain Ranger jusqu’à leur ville natale. Sur la route on s’est arrêté prendre un bain de boue volcanique. Fait intéressant, en Colombie, ils vendent du champagne et des hot dogs dans les stations-service. Je vous lance ça de même. Comme une poignée de peanuts. Moi j’ai trouvé ça merveilleux. J’ai rencontré les parents des bottes Balmain Ranger. Lui propriétaire d’une université et elle, mère universelle. J’ai mangé le meilleur bleu de toute ma vie en leur compagnie , assise à leur comptoir de cuisine, avec un bon rouge de la Rioja et leur perroquet Ramón qui riait avec nous. J’ai fait la connaissance du meilleur ami des bottes Balmain Ranger et on a réinventé le monde sur le bord d’une piscine en buvant de la Redd’s. Ma dernière nuit en Colombie j’ai dormi avec le toutou d’enfance du meilleur ami des bottes Balmain Ranger. C’était un peu par accident. Il nous avait prêté son appartement pour que je n’ai pas à me taper l’heure et demi de voiture qui sépare Barranquilla de Cartagena étant donné que mon vol quittait tôt le lendemain matin. Le toutou était sous les couvertures quand je me suis glissée dans son lit et je mentirais si je disais que je n’avais pas été un peu turned on par ce gars qui dors encore avec un lapin en peluche malgré sa vingtaine avancée. C’était magique.

Je vais retourner en Colombie. Je l’ai su avant même d’y mettre les pieds. Comme je sais qu’un jour je vais vivre en Espagne et que demain je vais commencer à planifier mon prochain voyage. Écrit en escale à Miami.

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